« Le Labo des Travaux Utiles » c’était les 23, 24 et 25 mars 2026.

Trois jours, une centaine de personnes venues découvrir les Ateliers d’Antraide, échanger, poser des questions, s’impliquer. Trois jours pendant lesquels le quartier Pajeaud a vibré différemment ! Des habitants, des partenaires, des curieux ont poussé la porte de nos ateliers — La Trouvaille, BiOcyclette, le Fabulab, le Comptoir — et ont vu de leurs yeux ce que « travailler utilement » veut dire concrètement.

Ce qui nous a le plus touchés : les témoignages de nos salariés. Des femmes et des hommes qui ont pris la parole pour raconter leur parcours, ce que ce CDI a changé pour eux, pour leur famille. Ces moments-là, ça vaut tous les discours.

Un grand merci à tous ceux qui ont contribué à faire de ces 3 jours un vrai moment de vie collective. »

Focus sur la table-ronde du mardi 24

Nous avons eu le plaisir d’accueillir :

Laurent Pégorier, Conseiller municipal délégué à la Solidarité, à l’Insertion, à la Précarité, à l’Économie Sociale et Solidaire et aux Affaires européennes,

Christian Ollivry, Président d’Antraide,

Dominique Thierry, Président de Territoires Zéro Chômeur de Longue Durée Antony,

Nicolas Desachy, Président de l’Association des Habitants du Quartier Pajeaud,

Éric Lauverjat, Directeur de l’Activité Economique de la Ville d’Antony et chargé de projet TZCLD.

Quelques points fort du débat

 Nous allons aujourd’hui aborder une question essentielle : où en est l’expérimentation Territoires zéro chômeur de longue durée à Antony ?

Cette initiative ambitieuse vise à démontrer qu’il est possible, à l’échelle d’un territoire, de proposer un emploi à toutes les personnes durablement privées d’emploi, en développant des activités utiles, non concurrentielles, et répondant aux besoins locaux.

À Antony, cette expérimentation a franchi des étapes importantes ces dernières années :

– la création du Comité Local pour l’Emploi en 2021

– l’habilitation officielle en 2024

– et surtout, la naissance des Ateliers d’Antraide, avec déjà une vingtaine de salariés recrutés à ce jour

Derrière ces chiffres, il y a une dynamique collective forte, portée par la Ville, les associations, les habitants et les acteurs économiques.

20 salariés recrutés, c’est un succès ou c’est encore fragile ?

 Saluons pour commencer l’énorme travail qui a été fait depuis plus de 6 ans par les bénévoles du conseil citoyen du Noyer Doré, ceux de TZCLD Antony, les membres du Comité Local pour l’Emploi et enfin depuis 3 ans par les professionnels et bénévoles d’Antraide.

En effet, comme l’a rappelé Dominique, l’expérimentation était novatrice, jamais tenté sur le sol français et même européen. Il fallait oser ! Aujourd’hui, 93 EBE et un essaimage en Italie, Belgique, etc.

L’Expérimentation se base sur deux principes novateurs dans le domaine de l’activité sociale :

Aller vers : ou n’exclure personne de l’emploi. C’est la mission cœur de TZCLD qui a débuté en 2022 – mais depuis 2016 en France – bien avant que l’EBE, l’entreprise à but d’emploi d’Antony soit habilitée. Cet ALLER VERS, qui veut ne laisser personne hors d’une chance pour l’emploi. En France, et c’est aussi vrai ici à Antony, 1/3 des personnes identifiées par le ou la chargée de mobilisation retrouve un travail sans être pris en charge par la CLE. Etonnant ce résultat quand « accompagné » devient un maitre mot.

– La notion d’exhaustivité de l’emploi est le second : diviser par deux en 5 ans le « non-emploi » dans un quartier. L’emploi doit être une chance pour tous. A Antony, dans les quartiers du Noyer Doré et de Pajeaud, on est parti d’une donnée statistique de l’INSEE de 430 personnes dépourvues d’emploi…qui doit être réduite de moitié en 5 ans. Cela doit ramener le taux de chômage globalement à 8 % comme la moyenne antonienne. 80 personnes doivent atterrir dans les Ateliers d’ici 2030.

Aujourd’hui avec 20 salariés aux Ateliers, il y a 4 activités majeures créées de toutes pièces, et 2 en phase de décollage, sans concurrence avec des entreprises existantes :

– la ressourcerie, La Trouvaille, la plus ancienne offre de plus en plus de perspectives ;

– l’atelier vélo, la BiOcyclette déborde déjà d’offres et sert de plus en plus de clients ;

– le Comptoir Pajeaud avec son lavage de voitures déjà attractif,

– et enfin le Fabulab, un Fablab propose des activités numériques et des impressions 3D. Ce dernier est sans doute la création la plus originale dans le quartier et pourra devenir un repère pour que de nouveaux talents se développent et que des idées créatrices affluent.

Et puis commencent aussi une conciergerie en partenariat avec Ma Petite Echoppe, des livraisons à vélo cargo, à domicile en dehors de la zone de chalandise naturelle.

De la même façon des services à domicile pour les habitants du quartier sont en train d’être étudiés.

Dès que nous pourrons embaucher plus de salariés en insertion, nous implanterons plus fortement les activités existantes, les développerons et nous en initierons de nouvelles.

Aujourd’hui, tous ces salariés, comme vous l’avez vu, sont fiers et heureux de travailler aux Ateliers. Si vous êtes ici, c’est que vous êtes partenaires, prescripteurs ou clients ou encore bénévoles. Nous tenons à tous vous en remercier sincèrement. Dans cette période critique de décollage, nous avons besoin de votre soutien et de vos appuis.

Perspectives, changer d’échelle, consolider le modèle

 Après un et demi de parcours depuis l’ouverture des Ateliers, la route est désormais tracée. Il s’agit :

– de développer les activités en place,

– d’en initier de nouvelles.

Notre développement est aujourd’hui gelé. En juin 2025, nous avons recruté de nouveaux talents pour encadrer, pour accompagner le développement exigé par nos conventions et cette équipe s’est mise au travail dès octobre pour l’AI et les Ateliers. Oui, elle a beaucoup et très bien travaillé mais dans un environnement budgétaire de l’expérimentation qui brutalement s’est figé en raison des atermoiements de notre assemblée.

Notre équilibre financier est aujourd’hui infaisable sans embaucher.

Si chaque jour qui passe la France accroit sa dette de 500 millions (et cela doit nous effrayer), notre manque de recettes parait lui ridicule avec 350€ petits euros/ jour, mais, sans nous effrayer, il nous perturbe beaucoup. En un an, c’est 100 000€ !

Un déficit qui correspond exactement à celui du manque d’embauches. 32 salariés devaient être là fin 2026 qui assuraient l’équilibre, il n’y en aura toujours que 19. Le modèle ne peut tenir à 19.

Donc il nous recruter des salariés au plus vite : d’abord pour les personnes sans emploi qui en demandent, pour le respect de notre contrat, pour ne pas mettre ne danger la structure, pour pouvoir investir enfin, car nous ne le pouvons pas aujourd’hui et ne pouvons même pas bénéficier des accords concluent avec certains de nos financeurs car il faut investir plus de notre côté avec de l’argent que nous n’avons pas, pour transformer ces quartiers enfin, afin qu’ils retrouvent un taux de non-emploi identique au reste d’Antony.

Au-delà de cette période critique, très critique même, qu’il nous faut absolument passer et dépasser, il s’agit de changer d’échelle car tous les emplois ne peuvent se concentrer sur l’espace actuel qui plus est va subir de profonds réaménagements :

– de nouvelles activités, aller au-delà des deux quartiers bien sûr et devenir une référence pour la Ville d’Antony, Vallée-Sud, les entreprises d’Antony, jusqu’à la Croix de Berny, Antony pôle.

– de nouveaux lieux, s’implanter dans le Noyer Doré en particulier car c’est la moitié de notre périmètre.

– de nouveaux partenaires, et en particulier les collectivités et les entreprises.

– s’inviter comme médiateur de ces quartiers et de d’autres avoisinants

– profiter du nouveau paysage, passage de l’Expérimentation à celui inscrit dans le code du travail au 1/1/29 avec la création des comités territoriaux pour l’emploi, CTE remplaçant le CLE dédié aux EBE aujourd’hui.

Aujourd’hui Antraide Insertion et Ateliers d’Ataide, ce sont 45 ETP, en 2030 ce sera le double.

Nous sommes prêts à travailler avec vous tous bénévoles, donateurs, partenaires et clients. Merci pour votre engagement à nos côtés.

Cette table ronde a montré quelque chose d’important : quand on explique clairement ce qu’est TZCLD — pas de jargon, juste la réalité du terrain — les gens comprennent, adhèrent, et veulent s’impliquer !

Les échanges avec la salle ont été riches, les propositions concrètes, l’envie palpable.

Et aussi :

Ces journées fort riches ont vu par ailleurs une centaine de visiteurs venir à la découverte des Ateliers pour notamment :

– participer à des ateliers d’auto-réparation de vélo supervisée par notre équipe. Ces séances gratuites, pour des petites réparations, on permit de faire découvrir ou d’initier à la mécanique vélo beaucoup plus complexe que ce que l’on imagine a priori !

– découvrir le Fabulab : des visiteurs de tous niveaux qui ont pu assister à des démonstrations, découvrir le matériel, les imprimantes 3D, les logiciels, les modèles « clefs en main » sur Internet. Ils « ont adoré » d’après les encadrants et sans nul doute reviendront pour approfondir le sujet.

– découvrir les coulisses de la ressourcerie : la Trouvaille reçoit beaucoup de dons qu’il faut ensuite trier, nettoyer, vérifier voire remettre en état, stocker et dont il faut évaluer la valeur avant de les proposer à la vente en magasin. La mise en rayons elle-même doit être bien pensée.
Toute une chaîne logistique qui demande beaucoup d’organisation.

Quelques photos-souvenirs